L'Association Ci-Jointe est une compagnie de théâtre fondée en 2009 par Fabrice Melquiot avec les comédiens Daniel San Pedro, Guillaume Ravoire, Elsa Rozenknop et le musicien, Paul-Marie Barbier.
L'Association Ci-Jointe porte les projets initiés par Fabrice Melquiot en tant qu'auteur et metteur en scène.


Tarzan boy

Prochaine date
4 juin à 21h - Festival L'Oise au théâtre à Ermenonville (60)

Création de du 2 au 19 février 2010 au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine.
du 3 au 5 mars 2010 à Bonlieu, Scène nationale d'Annecy
du 23 au 25 mars 2010 au CDDB-Théâtre de Lorient
le 29 mars 2010 au Théâtre de la Tête Noire à Saran


Note d'intention

A l’évidence, Tarzan Boy s’apparente à un précis de dérivations autobiographiques. On pourrait croire que j’en suis l’auteur, le narrateur et le protagoniste. On pourrait penser que je parle en mon nom. Et que je souhaitais parler de Modane. Modane dans les années 80. La vie à Modane dans les années 80, la fermeture des usines, les bars et les bars et les bars, Reagan et Thatcher, des airs pops et pauvres, les perruques fluo. Parler de mon père à Modane dans les années 80.

Oui.

Et non.

Car il s’agit moins d’un texte cherchant à exprimer ma personnalité, que d’un texte sur le temps. Il s’agit moins d’un autoportrait pointilliste que d’un texte sur l’adolescence. Un texte sur le temps de l’adolescence ?

Ce passage qui superpose l’enfant moribond et l’adulte à venir - au fond deux êtres errants - dans un seul corps, qui peine à exister, libre, au présent. Au fond, ce pourrait être le récit de n’importe quelle adolescence, dans n’importe quelle ville du monde, n’importe quand ; à travers cette adolescence-là.

Au départ, il y a le vrac de ces années entre deux eaux, le vrac fabriqué par le temps qui éclate tout. D’où l’écriture en tirets, fragmentaire, puisque le miroir est brisé. L’absence de personnage donne la parole à l’invisible, n’importe quelle voix, toutes les voix.

Il y a derrière le je de Tarzan Boy, un choeur caché.

J’ai vécu les années 80 l’oreille rivée à la bande FM. Des chansons émaillent le texte de Tarzan Boy. Le titre de la pièce lui-même est un clin d’oeil à un 45 tours acheté en 1985, sur lequel j’ai poussé des cris, en me prenant pour mon père, qu’on prenait pour Johnny Weissmuller.

J’aimerais que ces chansons (Tarzan Boy, It is not because you are, Au des étoiles, Hungry Heart) soient réorchestrées et certains passages interprétés sur scène, pour créer une sorte de bande originale de théâtre, un palimpseste vocal.


J’ai confié le texte à deux acteurs (Daniel San Pedro et Guillaume Ravoire), une actrice (Elsa Rozenknop) et un musicien (Paul-Marie Barbier - guitare et vibraphone), avec lesquels j’ai fondé L’Association Ci-Jointe.

La chorégraphe et danseuse Marion Lévy (avec laquelle je collabore depuis plusieurs années), nous accompagne pour toucher à ce corps de l’adolescence, corps spasmodique, corps empêché.

Enfin, j’espère que l’humour du texte (elles étaient drôles, ces années), sa mélancolie aussi (elles étaient mélancoliques, ces années), la maladresse adolescente qui court de fragment en fragment et en forge la langue (elles étaient maladroites, ces années), me sauvent de l’enflure narcissique. Le narcisse est pétrifié sous la neige ; puisqu’ici, je n’y suis déjà plus.

Ici, chacun a sa voix ; j’ai voulu parler du temps, le temps qui passe, pour moi comme pour les autres.


Fabrice Melquiot, écriture et mise en scène