À sa naissance, chaque homme possède deux corps : le corps qui part et le corps qui reste. Toute la vie, il faudra les entendre, dans un dialogue à couteaux tirés, chercher l’espace de conciliation, le point de tension entre le dedans et le dehors, entre soi et soi-même. Il y a en chaque homme la menace constante du départ ; la fuite est une plainte sourde en lui, une arme brandie en silence. Il sait qu’ailleurs, il n’y a rien de plus qu’ici. Il sait que la peur est étrangère à sa course. C’est autre chose. C’est un corps qui a gagné sur l’autre. La victoire du partant sur celui qui reste, tronc sans jambes, au milieu du salon.
S’enfuir naît de la rencontre de Jean-Baptiste André et Fabrice Melquiot. Le premier est acrobate et danseur. Le second est auteur de théâtre. Ensemble, ils élaborent une langue des intersections, des interstices, à la croisée de la littérature et du cirque, du théâtre et de la danse.
S’enfuir, ou comment écrire en courant, danser en parlant, marcher sur les mains en lisant, courir en chantant, rire en pleurant, écrire à quatre mains un texte qui a pris les jambes à ses deux cous.
